S’il est dénoncé régulièrement et officiellement à l’occasion de
chaque grand rendez-vous sportif, chacun admet cependant attendre des sportifs des performances qu’ils ne pourraient atteindre sans dopage.
Sans records pas de sponsors, pas d’argent et c’est le retour à l’amateurisme.
Inutile de dire que ça ne correspond pas à l’image du sportif moderne, cette image qui nous pousse à nous équiper au rayon sport pour aller faire notre promenade dominicale !
Ce qui est moins connu, c’est que le dopage touche aussi, et de plus en plus, le monde du travail.
Traders, cadres supérieurs, chefs d’entreprises, mais aussi employés de France Telecom ou de La Poste, chauffeurs routiers,…
Tous sont soumis à des pressions constantes, à une nécessité de rentabilité, au besoin d’être performants en permanence.
Car il ne suffit plus de savoir bien travailler, il faut être performant à chaque instant.
Alors, pour y arriver ou pour tenir le coup, comme les autres compétiteurs, ils se dopent : café, sucres, coca, anxiolytiques, alcool, cocaïne, héroïne,…
Qu’importent les moyens, il faut rester au meilleur niveau !
S’agissant du sport, on justifie par « la beauté du spectacle » le voile de bonne conscience dont on recouvre nos yeux quand on fait mine de croire qu’il suffirait de contrôles négatifs pour garantir une « compétition propre ».
Mais combien de maladie, de décès prématurés chez les sportifs de haut niveau ?
Et au travail, on justifie ces comportements comment ? Par des difficultés ou des appétits individuels ?
Et combien d’accidents de travail, de maladies, de décès ?
Combien de vies gâchées dans cette course folle à la rentabilité, aux profits ?
Le travail ne devrait-il pas être source d’épanouissement, outil de libération ?
Le « modernisme » qui s’impose ainsi à nous, s’il ne tolère plus l’amateurisme, fait son lit de cet esclavagisme.