On vous le dit, il ne s’agit pas de privatisation mais d’une ouverture du capital.
Et puis d’ailleurs, vous pouvez tout de même bien comprendre qu’il faut moderniser et que pour ça il faut des financements !
Il faut moderniser ?
Ca veut dire quoi ?
La demande ne serait-elle pas plutôt celle d’une amélioration du service rendu ?
Cette demande, n’est ce pas une constante de l’attente de la population vis à vis du Service Publique, une constante dans l’exigence d’un Service Publique de qualité, une constante des valeurs défendues par les agents des Services Publiques ?
Ce n’est pas une privatisation, mais imaginez : pour essayer de vous garantir un minimum de retraite, vous investissez vos petites économies dans le capital de La Poste.
Qu’attendrez-vous de ce placement, qu’il vous rapporte des bénéfices ou qu’il permette à des gens que vous ne connaissez dans un lieu que vous ne connaissez pas plus de recevoir quotidiennement leur courrier et de conserver leur bureau de poste ?
Pour être bénéficiaire, il faudra donc que La Poste favorise les services qui rapportent au détriment des services à perte, et tant pis pour le Service Publique.
Les bénéfices qui seront reversés aux actionnaires ne seront pas investis dans les secteurs en difficultés, et tant pis pour le Service Publique.
L’ouverture du capital aux financements privés, c’est contraindre une entreprise à une obligation de résultats non pas en termes d’efficacité mais bien en termes de rentabilité.
Rentabilité et Service Publique deux mots qui ne se conjuguent pas ensemble.
L’ouverture du capital de La Poste est une ouverture aux logiques financières, une amorce de privatisation qui ne dit pas son nom.