Un homme est mort.
Il est mort en prison.
C’est l’inconnu qui partageait sa cellule qui l’a égorgé.
Une enquête a été ordonnée, la Ministre s’est déplacée et deux surveillants ont été suspendus de leurs fonctions.
Un homme est mort en prison victime d’une agression.
Responsabilité de l’administration ?
Voilà deux matons, deux pour un, le compte est bon !
Un homme est mort en prison de la main d’un meurtrier considéré sans danger.
Dangereux pour la société puisque enfermé mais pas en détention ?
Un homme est mort en prison parce que dans nos prisons, faute de moyens, le loup cohabite avec l’agneau ; parce que les incantations ne comblent pas le déficit en personnel.
Un homme est mort en prison pour avoir trop aimé la boisson.
Fallait-il le soigner ou l’emprisonner ?
L’empêcher de conduire ou le priver de vivre ?
Un détenu est condamné à une peine de Privation de Liberté et non pas
à vivre dans l’insalubrité ni la promiscuité,
à subir sévices, violences ou humiliations,
à mourir.