Il était chocolat avec une selle de plastique rouge et des étriers bien trop courts.
On pouvait le mettre sur roulettes – aucun intérêt – ou se balancer des heures durant, cheveux aux vents, le nez dans les étoiles, aux limites de son arceau métallique.
Il était chocolat mais il n’était pas à moi. C’est une jeune cousine qui avait eu le bonheur de recevoir un tel cadeau.
Dire qu’il me fallait lui demander l’autorisation de jouer avec, à elle !
Et elle, c’est bien entendu à ce moment là qu’elle décidait de l’enfourcher ou d’y installer une poupée.
D’autres jours elle marchandait son accord : « On joue d’abord à la dînette ».
Elle me rendait bourrique avec son cheval à bascules.
Quand j’ai vu ses longues oreilles grises, son regard tout doux et ses sabots-bascules en bois, je n’ai pas pu lui résister.
Fini pour moi les longues chevauchées ?
Que nenni.
En t’offrant cet âne, ma petite fille, c’est au travers tes yeux et tes rires que je vais m’évader.