Il sort d’un bâtiment public en chantier pour l’été.
Il porte sur l’épaule des poutrelles de bois qu’il va jeter dans une benne installée sur le trottoir.
Il n’a plus l’âge de faire ce travail de manœuvre.
Ses gestes, ses pas, sont trop lents.
C’est la mi-journée et déjà il paraît si fatigué.
Il relève le visage et son regard croise le mien.
Je plonge dans un puit sans fond de lassitude, de résignation, de solitude, de no futur.
Il a 1000 ans.
Il est l’homme brisé, asservi.
Il est l’homme sans vie, sans passé ni avenir.
Il est …