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Déjà, et avant tout, il convient de se questionner sur la notion même de vote utile.
Ce serait quoi, un vote qui permet à un candidat de franchir une étape, un tour de scrutin ?
Un vote qui permet d’empêcher un candidat de franchir une étape, un tour de scrutin ?
Est-ce à dire que certains candidats seraient plus légitimes que d’autres ? Membres d’une caste, élites de la nation ?
Est-ce à dire qu’il y aurait les premiers rôles et les figurants ?
Et surtout, s’il y a un vote utile, est-ce à dire qu’il y a un vote inutile ?
Mais chut, il ne faudrait pas qu’on puisse soupçonner un début d’idée de remise en cause de la démocratie.
Pour ma part, ce que je constate, c’est qu’à force de voter utile, de voter contre, de voter par calcul, le choix se restreint à peau de chagrin.
Il faudrait définitivement se résoudre à voter pour celui qui paraitrait le moins nocif ou le moins durable.
Et on s’étonne de la désaffection de la population qui subit le plus les conséquences des décisions prises par ces super candidats qui ne pratiquent guère que l’entre-soi et les échanges de bons mots.
Car chacun le sait bien, dans le monde de ces gens-là, ce qui importe c’est d’arriver, ce qui sera fait, ce n’est plus de leur ressort, et les discours qu’ils tiennent, leurs meetings, leurs promesses, ne sont que les éléments du spectacle que nous serions tenus de valider dans l’urne.
Demain on rase gratis, honni soit qui est différent, l’heure de la rigueur a sonné, sécurité, austérité… un alignement de mots
Qui se soucie encore d’un projet, d’une vision, d’une utopie ?
Qui se soucie encore de la valeur d’un engagement ?
Y a-t-il encore un autre enjeu que leur lutte des places ?
Y a-t ’il encore, dans cette conjoncture, un vote qui ne soit pas inutile ?