Il m’arrive très souvent d’associer des sons ou des images à ce que je lis, vois et entend.
Ainsi, un ruisseau est-il ombragé et l’écoulement de l’eau sur les galets est apaisant ;
Une digue m’amène aussitôt le clapotis des vagues et le cri des mouettes ;
Un marché ne vit qu’au travers des harangues des marchands et des rires des passants ;
Un café bruisse de vaisselle entre cognée, de chaises repoussées, de discussions à fond perdu.
Mais depuis quelques temps, qu’il est difficile d’entendre ces sons.
Ils s’estompent peu à peu, étouffés par un bruit de fond de plus en plus puissant.
Il se gonfle et grossit à chacun de ces mots : charter pour l’Afghanistan, identité nationale, couvre feu pour les mineurs délinquants, …
Ce bruit, le bruit des bottes, devient assourdissant.
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines,
Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu’on enchaîne,
…