L’ensemble du « monde de la Justice » dans les rues de Paris ce 29 mars.
Magistrats et avocats côte à côte, côte à côte également avec les fonctionnaires, greffiers, éducateurs, CIP, agents administratifs ou surveillants.
Outre des budgets plus que restreints, des lois et des directives contradictoires, inapplicables, qu’elle est donc l’étincelle qui a mis le feu aux poudres ?
Des propos populistes du Chef de l’Etat utilisant sans vergogne un drame sordide !
En trame de fond la remise en cause d’une caste : les magistrats, de privilégiés : les fonctionnaires, mais aussi du service public : obsolète et défaillant.
Seule l’autorité de l’Etat a une vision juste de la Justice !
L’ensemble du « monde des religions » s’oppose dans une déclaration au débat national sur la laïcité.
Un front de refus de l’instrumentalisation de ce type de débat par un parti politique, refus de la stigmatisation d’une religion ou plus vraisemblablement, d’une population.
Là aussi à l’origine, des propos populistes du Chef de l’Etat jouant sur les peurs ancestrales et le repli identitaire d’une population angoissée par la crise économique.
Seule l’autorité de l’Etat sait distinguer la foi du fanatisme !
Mais qu’y a t-il derrière ces gesticulations ?
- Une volonté de légitimer la RGPP, l’accord européen sur les dépenses publiques conclu récemment ?
- Une volonté de détourner vers des boucs émissaires la colère des victimes, les vraies, d’une crise qui sévit toujours ?
- Un positionnement à l’extrême droite du gouvernement, élu à droite, ou la volonté de séduire des électeurs potentiels de cette extrême ?
- Un simple calcul de probabilité sur les élections de 2012 et les potentialités d’un nouveau « 21 avril » ?
Il y a sans doute un peu de tout ça, et d’autres choses encore.
Mais d’ailleurs, qui a dit qu’une politique libérale était une politique de droite ?
Une politique ne peut pas être libérale et de gauche, la liberté du renard dans le poulailler n’est pas celle des poules, mais cette politique doit-elle pour autant être forcément de droite ?
Et ailleurs ? En Grèce, au Portugal, en Irlande, en Allemagne, aux USA,… ?
Une petite maxime revient à l’esprit : « La meilleure des défenses, c’est l’attaque ! ».
Y aurait-il une menace ?
Qui serait menacé ?
Par qui ?
Et nous, on n’aurait pas autre chose à faire que de se déchirer, même en gardant le sourire ? De compter les victoires contre des géants de papier ? De chercher qui sera le césar, le tribun ou le sauveur suprême auquel d’ailleurs nous affichons de ne pas croire ? Qui sera le chouchou des médias vilipendés pour cause de trop de partialité ?
Le front populiste sème ses graines de haine et de désolation sur un terreau d’angoisses et d’individualismes. N’attendons pas l’éclosion de la peste brune pour réagir.