C’est une ville de plus de 20 000 habitants, une ville provinciale, une ville de banlieue, une ville bourgeoise.
C’est une ville avec ses commerces, ses églises, ses écoles publiques et privées et ses immeubles, résidences de standing, qui n’en finissent pas de sortie de terre.
C’est une ville où la médiathèque est payante, la cantine scolaire refusée aux enfants de chômeurs et la piscine interdite aux burkinis.
C’est une ville qui a su défendre ses poubelles des convoitises étrangères et sacrifier sans hésiter ses abris bus offrant quelque protection aux victimes des prostitueurs.
C’est une ville placée sous vidéo surveillance et dont les agents municipaux sont désormais armés.
Dans cette ville, si bien ordonnée, il arrive cependant que d’aucuns commettent des incivilités mais, pour les dénoncer, il ne faut pas travailler, l’accueil du commissariat n’étant ouvert que du lundi au vendredi et à des horaires très restreints. La rationalisation des services de police conduit désormais les autres plaignants à se rendre au commissariat central, petite promenade de ¾ d’heures alliant marche, bus et métro. De quoi apaiser bien des velléités.
Dans cette ville demain, … , d’autres caméras ?