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Le blog de totoche

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Des mots, juste des mots, mes mots.


Une campagne pour quoi faire ?

Publié par totoche sur 12 Avril 2016, 17:02pm

Catégories : #réaction

Une campagne pour quoi faire ?

Une grosse campagne de communication occupe les panneaux publicitaires de la ville de Lille actuellement.

L’affiche représente un immense mégot planté sur la Grand’Place et on y rappelle le volume de mégots ramassés chaque année ainsi que le coût de l’amende à laquelle s’expose tout contrevenant.

Les premières réactions, des uns et des autres, du côté des fumeurs ou de l’autre sont plus ou moins les suivantes :

  • comme si on ne payait pas encore assez, on nous prend pour des cochons payeurs, d’où vient ce montant de 68 euros, déjà qu’on doit sortir pour fumer, il n’y a pas de cendriers dehors !
  • enfin, la ville est sale, il serait temps qu’on arrête ces regroupements où ils balancent tous leurs saletés par terre, en plus ça pue…

Une troisième voix fera quand à elle remarquer qua si la municipalité n’y met pas également les effectifs suffisant, ça s’arrêtera à une campagne de bonnes intentions, voire, que cette mesure ne sera utilisée que de façon ciblée et que contre certains contrevenants.

Personne ne croit à la possibilité de l’application stricte de cet arrêté.

Il est vrai que l’idée de trottoirs sans tapis de mégots est séduisante, mais ces tapis ne s’étalent-ils pas surtout à proximité des bars et restaurants et principalement à coté de ceux qui ont une terrasse tout au long de l’année. La municipalité à su imposer des critères communs en matière de cloison ou de parasols et partout des chauffages extérieurs irradient ces espaces ouverts, destinés avant tout à une clientèle de fumeurs. Aurait-il été abusif de trouver une clause concernant la mise à disposition de cendriers et/ou le nettoyage des abords ?

Il en est de même pour une très large majorité des entreprises, ou administrations du centre ville qui envoie ses fumeurs à l’extérieur et donc bien souvent sur les trottoirs, mais dont bien peu ont installé des cendriers extérieurs.

Il est vrai que l’idée de trottoirs sans tapis de mégots est séduisante, mais comme serait séduisante l’idée de trottoirs propres, sans déchets de toutes sortes, papiers de sandwich ou mouchoirs usagers, sans bouteilles ni cannettes, sans débris de verre, sans les différentes déjections animales ou humaines…

Ca passe en bonne partie par l’éducation, oui, une campagne sur la propreté et son respect est-elle envisagée ?

Ca pourrait aussi en certains endroits être limité en installant des poubelles et en mettant à disposition des sachets pour ramasser une partie des déjections.

Ca pourrait également l’être par l’ouverture de toilettes publiques et gratuites !

Ca pourrait enfin être aussi le remplacement des poubelles individuelles et des sacs éventrés sur les trottoirs par des containers enfouis.

Si le but de cette campagne est non pas de cibler quelques mauvais éléments mais bien de promouvoir le mieux vivre ensemble, il y a bien d’autres points qui seraient bien plus urgent à gérer que ces mégots qui, bien que déplaisants, ne sont pas les plus gênants pour le piéton que je suis.

Pour rester sur les trottoirs, en plus des détritus, des poubelles et des déjections, un piéton doit également affrontés les inconvénients liés à ces différents usages, parfois abusifs et parfois illégaux, mais aussi habituels comme :

  • les gênes liées aux travaux : échafaudages, bennes, trous et bosses, déviations, renvois vers l’autre coté de la rue et est parfois lui-même en travaux
  • les gênes liées aux livraisons ou aux déménagements et bien souvent là aussi des obstructions complètes du trottoir.
  • les panneaux publicitaires de telle ou telle enseigne, pour tel journal ou pour tel restaurant.
  • les terrasses, qui débordent allègrement pour le plaisir des clients ou qui s’installent bien avant la fermeture des rues à la circulation.
  • le stationnement parfois envahissant des cycles, motocycles et des voitures qui ne veulent pas gêner la circulation ou risquer de voir leur carrosserie rayée, et qui pensent sans doute qu’un piéton ça peut toujours se faufiler, lesquelles oublient de plus en plus souvent d’ailleurs qu’il est interdit de stationner les quatre roues sur un trottoir.
  • La circulation de plus en plus courante de cycles, y compris motorisés, sur les trottoirs.

L’arrêt et le stationnement sur les passages piétons, leur utilisation systématique par les cycles, rendent l’usage de la ville désagréable aux piétons et parfois même difficile voir impossible.

Une vraie réflexion, ne s’arrêtant pas aux intérêts des uns, au poids des autres, mais cherchant effectivement à développer un mieux vivre ensemble en donnant à chacun un espace pour se déplacer à son rythme, de travailler et de se détendre

Il me semble que le mieux vivre ensemble, ce n’est pas cibler une difficulté et un fautif.

Cela nécessité peut-être une vraie réflexion, ne s’arrêtant pas sur les intérêts des uns ou le poids des autres, mais visant à donner à chacun un espace pour vivre, travailler, se détendre et se déplacer, à son rythme et dans un respect mutuel.

La lutte contre le tabagisme passe elle par une aide à l’arrêt bien plus que par la pénalisation.

Le vivre ensemble, ce n’est pas une campagne de communication ciblant le coupable idéal, c’est la réappropriation de la ville par ses habitants et ses usagers dans le respect de chacun.

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