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Le blog de totoche

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Des mots, juste des mots, mes mots.


Dialogue social

Publié par totoche sur 30 Septembre 2015, 12:26pm

Catégories : #réaction

Dialogue social

Monsieur le Premier Ministre,

C’est avec un plaisir évident que je vous ai entendu affirmer ce matin votre attachement au dialogue social.

Je dois cependant immédiatement vous avouer, puisque nous échangeons en toute sincérité, qu’absorbée par vos propos, je suis arrivée en retard à mon travail. Et oui, quoique fonctionnaire, je ne travaille pas en horaires décalés. J’ai cette chance, ne travaillant pas dans le domaine médical, n’étant ni policier ou gendarme, ni surveillant pénitentiaire, ni douanier, ni employé municipal, ni greffier dans un tribunal, ni agent d’un ministère.

J’espère que vous saurez prôner l’indulgence, justement dans le cadre de la valorisation du dialogue social.

Car nous avons dialogué ce matin, vous devant le micro de France Inter, moi dans ma cuisine.

Je ne voudrais pas abuser de votre temps en vous rapportant ici les différents propos qui ont émaillés cette discussion, je me contenterai de préciser quelques points.

Le précédent Président, lui aussi fortement attaché au dialogue social, en a réformé les règles de façon a permettre à l’ensemble des travailleurs de s’exprimer, s’indignant qu’une minorité d’organisation syndicale représentant une majorité de syndiqués puisse imposer ses réponses à un patronat pourtant particulièrement proche des réalités du terrain et soucieux d’obtenir l’accord du plus grand nombre pour le bien de tous, c'est-à-dire, pour le bien des entreprises.

Ces nouvelles règles de dialogue social, après une nouvelle représentativité issue des élections de décembre dernier, n’a pas pu déboucher sur un accord dans la Fonction Publique.

Vous appuyant sur la position d’une organisation minoritaire et surtout fortement présente dans un secteur particulier dont les effectifs sont quasiment uniquement de catégorie A, vous assurez, en voulant imposer malgré tout votre réforme, répondre aux besoins des fonctionnaires.

Il est question dans cette réforme, de ce que vous avez déclaré ce matin, d’augmentations de salaire, de 500 à 1500 euros en début de carrière.

C’est positif, effectivement, enfin, surtout pour les agents de catégorie A.

C’est positif, si on ne compare pas aux pertes induites d’abord par la désindexation de la valeur du point d’indice puis par le gel de cette valeur depuis 2011 et pour combien de temps encore (au moins 2017). Ces pertes s’élèvent pour un agent de catégorie C à plus de 200 euros mensuels.

Partant de là, il est certain qu’une augmentation de 500 euros annuels et uniquement en début d e carrière, devrait ouvrir les portes de la négociation plutôt que de les clore, non ?

A défaut de changement en fin de grille, cette augmentation en début de carrière se traduira par un tassement dans l’évolution de carrière des fonctionnaires, et même par une longue stagnation en fin de carrière pour un très grand nombre.

L’avancement « au mérite » étant remis en cause, aucune refonte globale des échelles n’étant prévue, il serait au moins nécessaire de mettre en place des examens professionnels à tous les niveaux, y compris les plus bas, afin de permettre aux agents de ne pas s’enliser.

Après vingt ans de carrière et un premier avancement au mérite, je suis désormais à l’indice 360, soit un traitement brut de 1666,908 euros auxquelles s’ajoutent heureusement quelques primes, primes qui seront modulables, sur des bases non encore clairement définies, à partir du mois de janvier.

Certes, tout fonctionnaire à la garantie que son salaire ne baissera pas, du moins tant qu’il conservera ses fonctions. Voilà qui risque de fortement compromettre la mobilité des agents. Qu’en sera-t-il pour ceux qui se verront appliquer une mobilité contrainte ?

Fonctionnaire de catégorie C, j’ai, je l’avoue, bénéficié d’un coup de pouce, d’une augmentation de salaire, l’année dernière, le SMIC n’étant pas encore totalement gelé pour sa part. Hasard du calendrier, ce coup de pouce s’est cumulé avec un changement d’échelon.

J’ai donc pu, chanceuse que je suis, bénéficier dès l’année dernière d’une augmentation de près de 500 euros par an.

J’ai donc été fortement intéressée par vos annonces sur les taux d’imposition des ménages, les réductions d’impôts consenties aux classes moyennes.

Et je me suis demandé dans quelle catégorie de contribuable je me situais, l’avis arrivé dans ma boite aux lettres m’annonçant une légère augmentation de mon taux d’imposition pour un montant d’environ 500 euros supplémentaires. Mais il s’agit sans aucun doute là d’un hasard malencontreux.

Ce matin donc, après ce grand moment de dialogue, sur le chemin du travail, je songeais au plaisir qu’il y avait d’être ainsi entendue et à la motivation qui m’étais donnée pour accomplir mes tâches au quotidien.

Aussi, je tenais à vous remercier, Monsieur le Premier Ministre, et à vous assurer que c’est la même motivation qui me conduira à vous signifier au travers de vos représentants, toute ma reconnaissance lors des prochaines élections, et ce jusqu’au 2ème tour le cas échéant.

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