Il y a une première fois à tout, ainsi dernièrement me suis-je vu proposé la possibilité de pouvoir m’asseoir dans le métro.
Si je n’en ai pas profité, notamment au vu du peu de temps qu’il me restait à voyager, je n’en ai pas moins remercié très poliment la personne qui me l’avait non moins poliment proposé.
Après un petit délai de réflexion, je me suis rendue compte que c’était la première fois que je me trouvais de l’autre côté de la barrière, dans le rôle de celui à qui l’on propose et non plus dans celui de la personne qui dispose de sa place. J’étais entrée subrepticement dans la catégorie des aînés, ces gens qui bénéficient, du seul fait de leur âge apparent, de privilèges.
J’ai essayé depuis quelquefois, au fil de mes trajets quotidiens, et effectivement, ça marche. La vieillesse a donc parfois du bon.
J’en étais là de mes réflexions lorsque, prenant le bus, j’assistais à la scène suivante.
Une septuagénaire, portant allègrement jeans moulant, blouson rose et cheveux mi-longs décolorés, se vit offrir, avec beaucoup de naturel, une place pour s’asseoir par une jeune femme.
Vexée, elle regarda la pauvrette de haut lui demandant ce qui justifiait cette proposition.
Cette dernière haussa ses épaules et répondit simplement : « Ca m’apprendra, je voulais simplement être gentille ».
Pour ma part, je trouvais cette situation tellement absurde que je ne pu m’empêcher de rire.
Il ne suffit pas de porter la panoplie de la jeunesse pour rester cool.
Moralité : si l’apparence dans toute situation tu privilégies, debout tu voyageras, mais les transports tu égaieras.
