Les Antilles, le soleil, les plages de sable fin, les cocotiers et la mer aux eaux transparentes…
Ca vous fait rêver ?
Et bien moi, ça n’a jamais été mon truc.
Ben non, pour tout dire, moi je rêve plutôt en blanc, ou en vert.
Coté mer, celle du Nord en hiver me va très bien, coté soleil, c’est plutôt lui qui me témoigne une certaine animosité.
Si en plus il fallait compléter le tableau, j’ajouterai que l’idée de m’enfermer plusieurs heures dans une boite alors qu’au
quotidien je préfère l’escalade de six étages à l’utilisation d’un ascenseur forcément suspect….
Comme tout un chacun peut le constater, aucune raison valable pour que vous puissiez me croiser un jour sous les
palmiers.
C’est du moins ce que je croyais jusqu’au jour où je me suis retrouvée désignée volontaire.
Défendre des idées et des principes n’est vraiment pas sans risques !
Aucune issue possible, aucun autre volontaire n’étant disponible, il faut assumer et préparer ses bagages.
Première étape : La Guyane
Petit conseil pratique aux néophytes, à mes confrères : vous partez loin, même si vous restez sur le territoire français,
renseignez-vous sur les vaccinations obligatoires.
Dans le cas contraire, entraînez-vous à la course à pied à handicap, autrement dit chargé et embarrassé de vos bagages.
L’aventure commencera dès l’aéroport d’Orly, refoulé à l’enregistrement, il vous faudra trouver le service médical en un temps
record. Après avoir rempli les formalités et vous être durement fait vacciné contre la fièvre jaune (et là, on se sent un peu Bob Morane), vous pourrez repartir à fond de train pour essayer
d’attraper cet avion que vous ne désirez pas franchement prendre.
Mieux qu’un jeu télé puisque le retard se paie cache par le départ sans vous, mais avec les explications à fournir à ceux qui
ont payé le billet et qui vous ont investi d’une mission !
L’avantage, c’est l’arrivée à bord sous les encouragements appuyés du personnel suivi immédiatement d’une démonstration des
instruments de secours (gilet, masque,…). Pas le temps de renoncer, vous êtes dans les airs pour le meilleur et pour le pire.
Inutile de vous dire que les nuages vus de haut, c’est relativement monotone.
Petits échanges entre voisins. Le vaccin ne serait efficace qu’après quinze jours mais pourrait provoquer des réactions du type
fièvre très importante après deux jours. deux jours, c’est bien, c’est la durée de mon passage en Guyane !
Bon, neuf heures. C’est long. Heureusement, on trouve toujours un enfant qui permette de chasser ces considérations.
Ouf, c’est fini, enfin une cigarette.
Après ce boyau étouffant d’accord.
Oui effectivement, j’aurai aussi besoin de mes bagages.
Les douanes, pourquoi pas. Mais bon, je n’ai pas posé le pied hors de France moi !
Ah sympas ces petits panneaux d’accueil : fièvre jaune, chicungunia (pardon pour l’orthographe), malaria et pour finir,
choléra pour les provenances d’Haïti !
Finalement, le décalage horaire ça a du bon.
Malgré la durée du voyage, on arrive et c’est encore l’après-midi.
Enfin une cigarette !
Je reprends, finalement le décalage horaire ça n’a rien de bon puisque c’est encore l’après-midi.
Plus de 30 degré, c’est certain, et un taux d’humidité qui doit avoisiner les 200%.
Et c’est pas par ce que c’est la saison des pluies que c’est plus supportable.
Une idée s’impose. Puisque nous ne restons que deux jours, est ce que je ne pourrai pas rester ici à l’intérieur, là où c’est
climatisé ?
Parce qu’enfin, je vous l’assure, je ne suis pas un poisson exotique moi !
Bon, les copains qui nous accueillent sont sympas, le logement qu’ils nous ont trouvé aussi, et la nourriture… Bon, ne me
demandez pas le nom du poisson., mais c’était excellent.
Rendez-vous pour le boulot le lendemain 8h30.
Au lit. Chouette il y a la climatisation !
Ben oui, le décalage. Malgré la fatigue, moi qui suis plutôt lève tard, 6h, je suis dehors.
Autant en profiter pour faire quelques photos : un bananier, un manguier, …, un vol de flamands roses, …, des fleurs,… et,
ben oui, il manquait que ça à mon plaisir, une mygale !
Tranquille sur son tronc, oui, mais un peu trop près de mon toit à mon humble avis.
Bon, il paraît que c’était une petite, qu’il n’y en a plus beaucoup, n’empêche que ce soir je regarderai bien sous et dans mon
lit avant de me coucher !
Une constatation, le sentiment continu d'évoluer dans une volière, bien entendue tropicale. Il y a bien sûr la chaleur et
l'humidité, il y a surtout de façon totalement prégnante le son.
Je ne vais parler du boulot, pas ici, mais sur les quelques heures de disponibles, on a pu profiter, en vrac, de : des
lézards, un igane énorme, des urubus, des buses (ou autre rapace), des frégates, des agounis, des kikiwis, des marchés aussi chargés d’odeurs que colorés, des arbres, des fleurs, des fruits, des
arbres…, des paysages, des rivières et aussi de papillons énormes et d'un superbe bleu électrique, ...et
Et juste avant de partir, nous avons eu le bonheur de voir une tortue luth retourner à l’eau. Des œufs ayant été
accidentellement emportés par un petit cours d’eau, nous les avons enterré dans le sable. Et si j’avais une petite tortue pour filleule ?
Retour à l’aéroport, direction La Martinique.
C’est bête, mais je serai bien restée un peu plus longtemps ici.
Finalement, il est valable 10 ans ce vaccin, non ?
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