Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le blog de totoche

Le blog de totoche

Des mots, juste des mots, mes mots.


11 mai 2020

Publié par totoche sur 11 Mai 2020, 21:24pm

Catégories : #réaction

11 mai 2020

Nous y voilà, nous y sommes arrivés, c’est le jour J, le grand jour !

Hier encore c’était l’hiver et la vie s’écoulait simplement.

Le travail, le tgv, le métro, les week-ends trop courts.

Ca bruissait, ça puait parfois, ça criait ou riait, ça courrait, ça s’embrassait, se regardait, s’arrêtait, ça vivait.

Et puis, le virus est arrivé.

D’abord là-bas, en Chine, à l’autre bout du monde.

Il y avait des morts, des malades, un confinement.

C’est terrible, mais, c’est si loin. On n’y peut rien.

Puis en Italie, chez nos voisins, à notre porte.

Une catastrophe, c’est horrible, mais, qu’est-ce qu’on peut faire ?

Il faut peut-être songer à se protéger, se laver les mains, éviter les contacts…

La vie continue malgré tout, comme avant.

 

Et la décision tombe, brutalement, au milieu d’un monceau de communications, d’informations, « d’experts », de journalistes, de scientifiques, de politiques, de « personnalités », de familles, de voisins.

Le confinement !

Ne pas sortir, sauf pour l’essentiel.

Travailler chez soi, ou ne pas travailler, sauf si c’est un travail essentiel, ou sauf si votre employeur l’a décidé.

N’acheter que les produits essentiels, donc pas de coca ou de protections hygiéniques, mais de l’alcool et des gâteaux, des cigarettes et des jeux, ou les fournitures nécessaires à votre activité professionnelle.

Et ne parlons pas des protections, nécessaires et inutiles, de même que les tests, au rythme des productions et des disponibilités.

Mais pourtant, avec un peu de recul, les rues, presque, débarrassées des bruits de moteurs, une certaine politesse de retrouvée, les chants d’oiseaux, un air plus léger, le retour des herbes folles et des fleurs des champs, malgré les parcs fermés et les bancs retirés, c’est une pause et même plus, un instant de tranquillité, presque de la sérénité.

 

Et voilà que tout s’emballe. Il faut déconfiner, rapidement. Il en va de la santé de notre économie.

Les communications restent floues et contradictoires.

Alors chacun ferme les yeux, retient son souffle et fonce.

Vite, puisqu’il faut, puisqu’on peut, vite en profiter, sortir, consommer, se déplacer, travailler, mais, la responsabilité en plus.

Alors chacun enfile son masque, lave ses mains, prend son gel, garde ses distances.

Et comme le danger est toujours là, chacun surveille l’autre.

Les rues sont à nouveau bruyantes et les pelouses tondues.

Mais il n’y a plus de sourires ni de grimaces, plus de discussions,  de rires ou d’engueulades, plus de bousculades, plus que des regards en biais et des gens qui se dépêchent d’aller d’un point à un autre, sans écouter les oiseaux ni regarder les arbres en fleurs.

 

Aujourd’hui, c’est le 11 mai 2020, le grand jour du déconfinement. Le ciel est bleu, et même si un fort vent d’est rafraichit fortement la température, ce serait tellement bon de se promener, d’en profiter.

Mais sortir dans ce monde masqué et froid, ce monde utilitaire aux cotés d’usagers de l’espace, ce monde hostile, ce n’est pas le printemps.

Aujourd’hui, je reste chez moi.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents